La ptite ecole du FLE

  • Conseils Pédagogiques,  Idées de Ressources

    PIPER :Une vidéo pour travailler les temps.

    Tombée en amour devant cet adorable court-métrage de Disney-Pixar je l’ai exploité avec un élève qui a déjà appris le futur proche et le passé composé mais les utilise de façon trèèèèès approximative à l’oral.

    Travailler les temps avec un court-métrage: la démarche

    Cette façon de procéder est transposable à N’IMPORTE QUELLE VIDEO ou ALBUM qui vous plaît. Il suffit :

    – pour commencer, de repérer les verbes et le vocabulaire récurrent. D’en faire des flashcards. De travailler ce vocabulaire au préalable avec vos élèves.

    – ensuite, de récupérer les images successives de la vidéo (ou de l’album). Des impression écran sont tout à fait suffisantes. J’ai découpé celle-ci en 38 images, c’est beaucoup mais je voulais un travail répétitif et systématique sur la longueur. Je referai certainement cette activité mais en beaucoup moins d’image pour un exercice plus court.

    C’est simple à chaque image (présentée chronologiquement) les élèves repèrent le sujet (singulier ou pluriel: ici c’était soit le petit oiseau, la mère, les oiseaux, les bernard l’hermite ou la vague) et décrivent ce qui s’est passé juste avant, ce qui se passe sur l’image, et ce qui va se passer ensuite.

    Cours de français video enfants passé composé futur présent conjugaison flashcards PDF

    Pour les aider dans cet exercice vraiment plus compliqué qu’il n’en a l’air (les sujets changent, les auxiliaires aussi, l’alternance participe passé, verbe au présent et infinitif n’est pas évident), j’ai préparé quelques activités écrites  préalables et j’ai aussi ajouté sur chaque image la Flashcard du verbe que j’attendais.

    FLE video enfants passé composé futur présent conjugaison exercice flashcards PDF

    Dans la leçon suivante je lui ai fait piocher une dizaine d’image à remettre dans l’ordre de l’histoire en expliquant sa place dans la chronologie pour parler librement tout en répétant les mêmes phrases et structures.

    Piper: les documents en PDF

    Vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour cette activité ci-dessous:

    https://www.youtube.com/watch?v=tTjHEyEAlsc

    Des vidéos en cours de FLE précoce

    Pour finir, si vous cherchez d’autres activités avec des courts-métrages et le matériel qui va avec, dès le A1:

    Des bises de Turquie et amusez-vous bien!

  • Conseils Pédagogiques

    Demain, je te mangerai

    Voilà un petit album que j’aime bien et avec lequel j’ai insisté sur la syntaxe et la structure de la phrase simple. Mes élèves l’avaient reçu il y a quelques années dans le cadre d’un abonnement à l’école des loisirs.

    Album FLE DEmain je te mangerai

    On en avait alors profité pour travailler le trop/ pas assez. Comme toujours j’avais modifié le texte (oui oui sacrilège….). Avec cette classe on travaillait le futur proche et les structures infinitives et le futur simple n’était pas encore envisageable. Cette histoire était tout à fait modifiable pour travailler ces objectifs.

    Très rapidement et naturellement on en est arrivé à le théâtraliser et c’est devenu un petit rituel que de le jouer à presque chaque cours. Bien sûr tout les garçons voulaient jouer le chasseur et toutes les filles le petit chaperon rouge. Un bon moyen d’ancrer les structures en tout cas!

    J’ai réutilisé ce livre plus récemment avec des élèves moins avancés.

    Comment travailler la syntaxe avec de jeunes apprenants?

    Comme c’est un album très visuel et répétitif nous avons utilisé des figurines pour re-raconter l’histoire encore et encore.

    Figurines FLe enfants

    En PDF à télécharger : Figurines A3 

    Rendre la syntaxe visuelle: le code couleur

    On a travaillé la structure de phrase avec mon code couleur habituel …

    Syntaxe FLE enfants

    Structure phrase négative FLE enfant et des flashcards (pour changer…)

     Phrase simple FLE enfantNégation Fle enfant

    Ce code couleur et la manipulation des figurines sont vraiment des repères visuels pour beaucoup d’élèves qui ont tendance à balancer les mots qu’ils connaissent sans essayer/savoir les ordonner.

    Il est essentiel, pour moi, dès la construction de phrases simples. J’explique qu’il soit toujours y avoir un mot rouge. Je n’ai pas de Flashcard pour les verbes être et avoir, on écrit directement en rouge dans le cadre quand on les utilise.

    La grammaire en FLE avec les enfants : élaborer des phrases complexes

    Ces cadres me sont aussi d’une grande aide quand on passe à une phrase un peu plus complexe comme ici avec un “parce que”. Mes élèves ont du mal à placer un sujet après le “parce que”, ils l’oublient presque systématiquement. Avec ce repère et la manipulation de flashcards, ce qu’on attend d’eux devient concret.

    Syntaxe FLE phrase parce que

    J’en ai aussi profité pour leur faire comprendre le remplacement d’un nom par un pronom personnel. Quand une flashcard se répétait 2 fois dans notre phrase on remplaçait la 2ème par le pronom approprié.

    Phrase avec parce que et pronom FLE

    En PDF à télécharger : les Flashcards des personnages:  FC et des adjectifs : FC adjectifs et verbe

    Systématiser avec des exercices

    Pour ancrer ce travail à l’écrit voici quelques fiches d’exercices sur la description (est ou sont) et les pronoms personnels.

     Exercice FLE primaire Pronom personnel Adjectif

    En PDF à télécharger :Adjectifs et Pronoms personnels

    Voici aussi un petit dictionnaire du vocabulaire et un résumé de l’histoire avec des images pour faciliter la lecture des enfants et revoir le vocabulaire (2 versions avec 2 niveaux de difficultés). La bonne nouvelle c’est que ces résumés peuvent vous servir de base pour travailler sur cet album même si vous ne l’avez pas dans votre bibliothèque.

    FLE demain je te mangerai imagier lecture

    En PDF à télécharger :Histoire à trous, Histoire avec images , Dico

    Enfin voici pour les plus jeunes un coloriage de la forêt dans laquelle se promène le loup et des petites figurines à découper et coller dans la forêt pour finir de s’approprier l’histoire (si on veut embêter nos élèves jusqu’au bout on peut donner des consignes pour placer les personnages, sur, sous, à gauche, à droite….)

    FLE Histoire débutants

    En PDF à télécharger :ColoriageEtiquette a coller

    Voilà, amusez-vous bien mes ptits loups !

    Pour aller plus loin:

    • La démarche pour travailler la syntaxe avec des courts-métrages: Oktapodi et Mariza
    • Apprendre à utiliser des flashcards pour systématiser des structures de phrases: Etre et avoir
  • Conseils Pédagogiques

    De la grammaire?

    La question de la grammaire aux enfants est souvent problématique. Inductive ? A éviter totalement ? Explicite ?

    Je n’ai pas la réponse à ces questions que ce soit dit! Ceci dit j’ai forcément eu à faire des choix dans mes classes au fur et à mesure des difficultés de mes élèves  et voilà quelques unes de ces réflexions personnelles.

    • A moins d’être en véritable contexte d’immersion on ne peut pas éviter la grammaire.

    Des enfants non-francophones qui baignent quotidiennement dans le français peuvent peut-être/certainement se passer de grammaire et acquérir intuitivement la langue et ses règles. Ce serait le cas d’enfants étrangers vivants en France ou scolarisés dans des établissements français.

    Mais des enfants qui ont des cours de français (même beaucoup) dans un contexte linguistique non français (dans mon cas, une école turque) ne sont pas “immergés” dans le français. Tous les amis parlent turc. Toute l’institution parle turque. Il n’y a souvent qu’avec les profs de français qu’ils parlent français (pas de francophone dans l’entourage familial). Ils n’ont pas la nécessité urgente et impérieuse d’apprendre le français pour “survivre” dans l’institution ni hors de l’institution. Pour ces enfants, il n’y a que peu d’acquisition intuitive et ce d’autant plus qu’ils sont en primaire et non plus en maternelle où le cerveau est (paraît-il) davantage capable d’assimiler naturellement les langues étrangères.

    • Les enfants ont besoin d’outils

    Il y a un souvent dans les établissements où j’ai travaillé un mythe. Celui que nos élèves vont trouver les clés tout seuls à force de leur parler en français, de les corriger, de leur faire répéter.

    Il y a aussi une constatation d’échec. Les enfants connaissent des mots, plein, mais seuls les très bons élèves trouvent ces fameuses clés tout seuls. Les autres tâtonnent à l’aveugle dans une bouillasse de français.

    Je pense qu’il est de notre devoir de leur donner les outils pour rendre tout ce magma intelligible. Ce qui implique de “faire de la grammaire”. Ce qui bouscule le mythe. Ce qui est “mal” selon une certaine idéologie.

    • Il ne faut pas parler “normalement”

    …  ni faire parler les enfants normalement.

    Utiliser tous les temps, toutes les structures de phrases peu importe leur complexité et la faire produire aux enfants peu importe leur niveau, dès le départ, c’est les noyer.

    Le résultat d’années d’enseignements du français dans des écoles où on noie les enfants (c’est une image…., on le les noie pas vraiment, hein!) : les enfants disent: je dormir, je suis dormir, je suis dors, je dors, j’ai dors, j’ai dormir, je veux dors, je veux dormir. En utilise un au pif, puis changent jusqu’à ce que le visage du prof s’illumine et qu’ils en déduisent que c’était cette phrase la bonne.

    Personnellement, je crois en un niveau de langue adapté : juste au dessus du niveau actuel de l’élève (la zone proximale de développement: là où on veut emmener l’apprenant).

    Je crois qu’il ne faut corriger que ce qu’il peut comprendre. Si mes élèves sont en train d’acquérir le verbe aller, au présent, avec les prépositions à / chez je vais me concentrer la dessus et tant pis s’il dit: Hier, je vais chez mon grand-mère avec mon maman. Il a utilisé la bonne conjugaison, la bonne préposition. il est important de lui dire qu’il a ici une clé. Je corrigerai les adjectifs possessifs quand après quelques phrases je verrai qu’il a acquis le premier objectif et que je peux corriger ceci sans lui faire croire qu’il n’a rien compris. Et bien sûr plus tard, il apprendra le passé composé et son utilisation bien plus tard, quand le présent sera acquis.

    Toutes ces notions de progression, pré-requis, niveau de langue….. qui vont de soi pour ceux qui enseignent aux adultes ne sont pas si évidentes pour nous, profs auprès d’enfants parce qu’on vit dans le mythe qu’il peut encore acquérir la langue naturellement (ce que je ne crois pas), qu’il va en trouver les clés tout seul (ça ne marche qu’en immersion et/ou pour les très bons élèves) et que la grammaire c’est tabou qu’on en viendra tous à bout……! Résultat on ne donne pas toujours à nos élèves les clés pour entrer en douceur mais sereinement, par étape dans le français.

    • Il y a grammaire et grammaire.

    Évidemment! Il y a une différence entre, pour moi, décider qu’il faut faire de la grammaire en primaire et retourner à des méthodes d’enseignement très scolaires (et ennuyeuses) .  Ainsi j’utilise des jeux, des activités, des petits rituels (pour conjuguer être et avoir ou d’autres verbes en début de cours pendant 2 minutes….), des affichages dans la classe, parfois créés avec les élèves, et évidemment des exercices. Quand je me rends compte qu’il y a une partie de la classe qui malgré tout n’a toujours pas acquis telle notion je prends ces élèves à part pour la retravailler plus spécifiquement.

    Je suis intéressée par votre avis et vos pratiques de classe sur cette question donc n’hésitez pas à m’écrire et parlons grammaire! (youpi 🙂

    J’avais déjà présenté ici un livret de travail sur aller à/chez et sur le pluriel. Je vous en propose un autre sur la négation que j’avais préparé pour mes élèves de l’année dernière. Cette petite réflexion personnelle sur la question, c’était l’occasion de le partager avec ceux que ça intéresse 🙂

    la négation_01

    A télécharger en PDF ici la négation

     

  • Conseils Pédagogiques

    Comment travailler avec des “flashcards”. Exemple: être+adjectifs

    Il est tentant, en tant que prof, de croire qu’on a”fait le job” quand on a introduit le nouveau vocabulaire, qu’on l’a répété, fait répéter et réutiliser quelques fois. Le problème c’est qu’à croire que c’est suffisant on va s’agacer quand on fera inévitablement face à des élèves qui ne s’en souviennent toujours pas. “Mais ça fait 10 fois qu’on le répète!!!”, “Mais on vient juste de le dire!” “MAIS heuuuuuu!” ” Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii” “Ils comprennent rien ces patates…!”

    Détresse de l’élève et du prof.

    La mémoire est quelque chose de délicat à comprendre et son fonctionnement diffère selon les individus. Oui, certains de mes élèves vont avoir retenu le mot nouveau après l’avoir entendu, répété et utilisé une petite poignée de fois. Pendant ce temps, généralement, le reste de la classe ne l’aura toujours pas retenu. Ce mot sera dans une petite case du cerveau notée: ce mot ne m’est pas inconnu, oui je l’ai entendu et même prononcé mais….. que veut-il dire……? Dans une petite case qui s’appelle: “Je sais mais j’ai oublié”. Case tout à fait banale mais à visée provisoire !

    J’ai entendu dire au cours d’une formation qu’il fallait une récurrence moyenne de 20 fois, de 20 façons différentes pour qu’un mot soit acquis.

    Si je me souviens de mes lointains cours théoriques de pédagogie il y a 3 vecteurs principaux de mémorisation : la vue, l’ouïe, et le toucher (ou le fait de “faire”, le geste, l’action….)

    Tout prof va, a priori, utiliser naturellement le support auditif: je parle, vous entendez/répétez. C’est la base. Mais c’est très  insuffisant pour la plupart des élèves.

    Un public ado ou adulte qui a déjà des réflexes de travail individuel pourra compléter en travaillant à la maison.

    Quand on enseigne à des enfants on ne peut pas vraiment compter sur ce travail individuel.  Tout doit se faire en classe. Si nos élèves n’ont pas acquis tel vocabulaire ou telle notion c’est à nous de revenir dessus et de faire en sorte que cette acquisition se fasse, en classe et pour toute le monde.

    C’est en ayant ce principe en tête que j’essaie autant que possible d’utiliser les 2 autres supports de mémorisation dans mes cours: le geste qui accompagne le mot (j’ai une foi inébranlable en la force de la mémoire kinesthésique) (pour une fois que je connais le terme théorique….!) et les flashcards (ayant moi-même un profil essentiellement visuel). Ainsi chaque profil d’apprenant peut y trouver son compte et la variété des approches profite à tous.

    C’est pour ça que vous trouvez sur ce blog beaucoup d’ images qui vont servir de support visuel aux apprenants. Ayant épuisé mes souvenirs théoriques sur le sujet je m’en vais à présent vous raconter de façon plus pratique comment je les utilise en classe avec l’exemple le plus récent que j’ai : le verbe être et les adjectif.

    Je travaille avec des enfants de langue maternelle turque. Hors en turc le verbe être n’existe pas vraiment. Il peut être occulté. Ou bien, on rajoute un suffixe pour spécifier la personne à la fin du nom ou de l’adjectif. Pareil pour le verbe avoir. Ces 2 verbes sont donc très difficiles à comprendre, appréhender, et utiliser pour mes élèves. D’où ce travail approfondi qui va se poursuivre toute l’année.

    Et voici les flashcards en question

    ( dans l’ordre content/amoureux/fatigué /fort /grand / gros /malade / faché / petit /triste)

    • Découverte des mots avec les flashcards

    La plupart sont connus mais pas tous. Pour les nouveaux mots je lie le geste à la parole (on dit ” amoureux”avec une petite voix et en faisant un coeur avec la main, on dit “fort” d’une voix décidée et en montrant ses muscles!!, “gros” se différencie de “grand” par le son O qui d’ailleurs a la même forme que le personnage, on le remarque on mime ce grOs ventre et on rigole…). Je dis le mot, ils le répètent, le miment, et on recommence 2/3 fois. C’est l’occasion de parfaire la prononciation pour ne pas installer de mauvais réflexes. Ici je ne travaille QUE sur l’adjectif. Pas encore sur la structure de phrase avec être.

    • Jeux de mémorisation visuelle: le mot.En 2 étapes.
    1. La première étape consiste à associer la bonne image au mot que le prof dit. En général, j’affiche quelques cartes au tableau et il va falloir montrer la bonne. D’abord individuellement, puis comme une petite compétition entre 2 élèves. Je dis “fatigué” et le premier qui montre la carte ou l’attrape gagne, etc….Ceci peut être complété par un jeu de mime, un jackadi, … tout ce qui peut “installer le mot, entendu, dans le corps”
    2. Pour la deuxième étape, c’est à l’élève de dire le mot quand je montre l’image. Il y a différentes façon de rendre cette étape ludique, compter les points encore une fois, montrer les cartes de plus en plus vite, le montrer en un éclair de sorte à ce qu’ils n’aient que le temps de deviner l’image, les cacher derrière son dos et “surprise!!, une carte!!”.… A vous de trouver les vôtres, je suis preneuse, d’ailleurs, de toute nouvelle idée!! Là encore le mime complète la mémorisation, je mime, ils disent le mot … seuls, tous ensemble, sous forme de compétition (celui qui se trompe s’assoit jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un)
    • Le mime : la phrase.

    Assez de mots, il temps de passer à l’action. Et à la phrase.

    Un enfant va venir près de moi, je lui montre discrètement une flashcard et il va la mimer, celui qui fera la bonne phrase “Il est fatigué” pourra à son tour venir mimer. C’est l’occasion de revoir une fois toutes les cartes et d’expliquer les variations éventuelles au féminin (grand/grande). Mon objectif n’est pas le masculin/féminin donc je n’insiste pas plus que ça mais je les corrige rapidement quand ils se trompent au cours du jeu. Et finalement pour la majorité des élèves ça suffira pour qu’ils y fassent attention.

    Puis je vais me “retirer” symboliquement du cours puisque chaque élève qui va venir mimer va choisir lui-même, SANS FLASHCARD, ce qu’il veut mimer. L’intérêt est double : ils font l’effort de se souvenir des cartes et donc des adjectifs qu’on utilise avec le verbe être. Et puis, le jeu se faisant sans moi, ils vont utiliser, en situation, le “tu” et le “je”. Avec le geste. Je leur demande de pointer le doigt vers eux quand ils disent “je” et vers leur ami pour le “tu”. L’enfant qui mime choisit celui qui va répondre. Je ne suis plus là que pour les petites corrections. Ce retrait de l’enseignant me semble essentiel, il renforce le naturel de l’échange entre les élèves.

    Exemple: “Tu es triste?”, l’élève qui mime répond “Oui, je suis triste”

    On introduit la réponse négative: “Non, je ne suis pas triste”. Ce jeu de mime est drôle et les enfant participent parce qu’ils veulent à leur tour l’occasion de bouger et de “faire du théâtre”.

    Rien n’empêche cependant le prof d’entrer dans le jeu du “théâtre” et d’en faire des caisses pour faire rire tout le monde et ainsi remotiver les élèves qui restent un peu passifs.

    • L’étiquette dans le dos

    Avec un gros trombone on accroche une flashcard dans le dos d’un élève qui ne la voit pas. A lui de trouver ce que c’est en posant des questions : “Je suis malade?” -> réponse affirmative OU négative de la part du groupe classe. J’aime bien de temps en temps passer aux réponses collectives: certains enfants timides vont préférer ça et aimer parler uniquement dans ces moments là.

    • Les dés

    J’ai utilisé des images qui représente les pronoms personnels : JE, TU, IL, ELLE, ON que nous avons rapidement travaillé (toujours avec la gestuelle)

    Puis on a joué avec ces 2 dés que j’ai créés et imprimés en A4

    C’était la première fois que j’utilisais des dés pour travailler la structure de phrase/conjugaison et c’est génial. Je le referai régulièrement.

    Encore une fois on exploite le ras-le-bol des enfants à être assis et leur motivation toute naturelle pour tout ce qui va les faire se lever de leur chaise. C’est tout bête mais ils vont adorer venir au centre du cercle et jeter ces dés. Ils vont même parfois en faire des caisses, inventer de nouveaux lancés de dés: les 2 en même temps, le plus haut possible, avec un petit saut de danse. Peu m’importe. Puisqu’au final ils conjuguent en n’oublient plus d’utiliser le verbe être.

    Pour corser un peu le tout après quelques tours de dés on va en demander plus. On va travailler sur la question “pourquoi?”

    Enfant1 : Lancer de dés:“Je suis fatigué.”

    Enfant2 (choisi par enfant 1): “POurquoi tu es fatigué?” (Oui, non on n’inverse pas encore le sujet.)

    L’enfant1 a toute la liberté de répondre ce qu’il veut et s’il le veut de faire rigoler ses camarades.

    Encore une fois l’enseignant s’efface au maximum de l’échange et quelle satisfaction de voir que nos élèves ont “une conversation” entre eux et en français. L’échange n’est pas complètement naturel mais il pourrait l’être.

    Voilà un exemple assez représentatif de ma pratique de classe avec les images comme support de mémorisation et de production orale.

    Voici les images en questions et les dés et à vrai dire, vous pouvez bien en faire ce que vous voulez 🙂 Télécharger le PDF ICI Etre + adjectif

    A venir, une activité ludique autour d’être et ces mêmes adjectifs qui a, autant le dire, cartonné! Et bien sûr la suite logique: le verbe avoir qui va être sensiblement travaillé de la même façon.

  • Conseils Pédagogiques

    Il y a / est

    De travailler sur la localisation nous permet de mettre le doigt sur des erreurs de syntaxe récurrentes chez mes élèves qui mélangent les structures: il y a et est.

    Dans leur langue maternelle, le verbe être n’est pas forcément utilisé, il y a et le verbe avoir s’utilisent avec un verbe identique, …. avec tout ça mes élèves cafouillent.

    A force d’insister sur ce verbe être qu’ils oublient énormément ça me donne des phrases du style: l’oiseau est vole ou encore il y a un manteau est dans le placard.

    Arg. Ils me le mettent partout !

    On a beaucoup travaillé la place du verbe (en fin de phrase dans la langue maternelle) en utilisant notre code couleur : après le sujet ( qu’on appelle le “qui?”) de la phrase il nous faut un mot rouge”( qu’on appelle aussi le “qu’est ce qu’il fait?”). Oui ça paraît obscur mais on systématise la couleur rouge pour les verbes quand on les écrit, quand on les lit, mais aussi avec les flashcards qui sont encadrées en rouge. Nous avons des cadres de couleurs au tableau pour aider visuellement les élèves à respecter cette structure en production orale.

    On corrige donc la première erreur qui consiste à accoler est au verbe en expliquant qu’on n’utilise, le plus souvent, “est” que si le sujet ne FAIT rien.

    Si on n’a pas de “mot rouge” à mettre dans notre phrase, pas de marche, court, ramasse, aime, attrape, ….. le plus souvent on y met est. Certes c’est faux dans l’absolu, ils apprenndront plus tard qu’il y a aussi le verbe “avoir“, que le verbe “être” se conjugue et peut devenir, suis, sont… Mais au départ de l’apprentissage ça permet de donner une raison d’être à ce verbe intraduisible et donc complètement abstrait pour eux. Du coup, puisqu’on ne met est que s’il n’y a pas d’autre “mot rouge, alors des phrases avec “est vole” ou “est mange” sont impossibles.

    Par contre, dans la structure “il y a les petits ne voient pas de “mot rouge” , qui doit se trouver après le  sujet, le bonhomme, le personnage. Et consciencieux qu’ils sont, ils s’appliquent à me mettre un joliest voire pour les meilleurs un très beau sont dans la phrase : il y a le chat EST dans le jardin. Il y a les chats SONT dans le jardin. Parce que après “le chat” il FAUT un verbe, qu’on leur a rabâché !Damned! Bravo les petiots mais non.

    On y travaille donc. Je leur explique en langue maternelle qu’on ne peut pas mettre de mot rouge dans une phrase qui commence avec il y a. Que le a est rouge! Comme dans le chat a des moustaches“. 

    Ils me regardent avec un semblant de désespoir dans les yeux. Ils écrivent le a  de il y a en rouge, pour ne pas me contrarier . Mais se disent que les femmes, les français, les profs, les adultes, tous ceux là mélangés, décidément, ne savent pas ce qu’ils veulent.

    Et on s’entraine. On fait des transformation à gogo à l’oral. Et on s’entraine à alterner aussi à l’écrit.

    Courage mes loulous 🙂

    Et pour vous, il y a le PDF est juste là ; )  Il y a est localisation